21 mars 2008

Bloguer n'est plus une tendance, mais une réalité pour tous. Journalistes y compris !


J'assistais cette semaine aux rencontres régionales du Conseil de Presse du Québec dans le cadre de sa tournée des régions. Il est clair selon moi, qu'à la lumière des commentaires exprimés par les participants de la réunion à laquelle j'ai assisté, que la concentration de la presse n'est pas bien vue en région. Il est également ressorti que les médias régionaux sont beaucoup plus perçus au service des annonceurs quoi qu'ils en disent lors d'audiences publiques, qu'au service des lecteurs. On paie une pub et on parle de nous. On ne traite plus l'information, on annonce.

Une nouvelle forme de journalisme existe maintenant. Le journalisme citoyen, les blogues et forums d'opinion sont les nouvelles sources d'information complémentaires aux feuillets publicitaires que sont devenus les hebdos régionaux. Tout un changement du rôle du journaliste tel qu'attendu et annoncé tel quel. Sont-ils devenus des vedettes, ou un produit média à vendre comme d'autres et hops plus de journalistes ? Le conseil de Presse s'y penche sérieusement et réalise bien qu'il devra s'ajuster. Michelle Blanc nous présente aussi dans son blogue une démonstration de la tendance certaine de l'interaction journaliste-blogueur de demain.

Le journalisme pur tel que décrit dans les statuts de la FPJQ et du Conseil de Presse n'existe pratiquement plus selon moi. Chronique d'humeur, columnist, blogueur, éditorialiste, repiquage de nouvelles meublent maintenant les médias régionaux. Il faudra une mise à niveau complète du rôle de ce tribunal d'honneur et encore de véritables décisions qui viendront éclairer le journaliste et qui permettront au lecteur de véritablement savoir si ce qu'il lit est une chronique, un éditorial ou encore un véritable article qui fait appel au journalisme d'information avec une véritable analyse, un dossier et des émissions d’affaires publiques, une nouvelle, un compte rendu et un réel reportage.

Entretemps, le citoyen compétitionne les médias en participant lui aussi à l'information par ses blogues, forums et autres en y ajoutant les liens vers des références qui permettent au lecteurs de se faire une idée. Le pouvoir de l'information n'appartient plus qu'au journaliste. Internet l'a clanché (sic). Mais comme tout ce qui bouscule dérange, les interventions protectionnistes des médias ont plutôt porté lors de la rencontre publique le même soir sur la protection du scoop journalistique par rapport à leurs collègues et à défendre une pseudo-indépendance journalistique et une crédibilité dans le milieu. Pour ma part, ils ne font plus partie de l'élite. Ils ne sont devenus qu'une simple source d'information au service d'annonceurs qui ne pourra jamais aspirer au même titre que toutes les autres sources d'information souvent plus développées. Ni plus ni moins. À vous de juger maintenant!